Wilhelmine Schroeder-Devrient

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Le livre majeur de la littérature érotique allemande, les Mémoires d'une Chanteuse allemande, a été attribué à une célèbre cantatrice du XIXe siècle, Wilhelmine Schroeder-Devrient (1804-1860), qui défraya la chronique par ses mœurs dissolues et ses très nombreux amants et amantes.

Dans sa version originale, ce roman épistolaire en deux volumes fut publié pour la première partie en 1868, soit huit ans après la mort de la chanteuse lyrique, et pour la seconde partie en 1875. Guillaume Apollinaire découvrit ces deux ouvrages lors d'un voyage à Strasbourg et fut si enthousiasmé par sa lecture qu'il décida d'éditer le texte. C'est ainsi que parurent en France deux éditions en 1913, l'une, édulcorée, aux « Maîtres de l'Amour », collection que dirigeait Apollinaire, et l'autre, clandestine, antidatée en 1911, publiée également par Guillaume Apollinaire qui avait assuré la traduction du livre avec l'aide de Blaise Cendrars. Les préfaces des différentes éditions sont reproduites, et Guillaume Apollinaire, qui signa la préface à l'édition clandestine « Dr H. E. », semble persuadé que l'auteur est bien une femme.

Dans ses premières lettres, la narratrice conte son éducation sexuelle. À quatorze ans, cachée derrière la porte d'une alcôve dans la chambre de ses parents, elle assiste à leurs ébats passionnés et découvre ainsi l'amour conjugal : elle se confie à sa jeune gouvernante suisse, Marguerite, qui l'initiera au saphisme et lui donnera ses premières leçons d'amour tant littéraires (elle lui fera lire Félicia ou mes fredaines, le chef-d'œuvre d'Andrea de Nerciat) que charnelles : elle va perdre sa virginité avec le godemiché favori de Marguerite. Enfin, à Vienne où elle fait ses études de chant, elle achève son éducation sexuelle avec son accompagnateur, le pianiste Franzl, et la femme d'un banquier viennois, Roudolphine et son amant, un prince italien. Parallèlement, elle mène une carrière lyrique toujours à Vienne, et après un an passé au théâtre de la Kaerntner-Tor, elle part pour Francfort. Les dernières lettres de Wilhelmine Schroeder-Devrient, qui constituent le second volume, narrent sa vie sexuelle de femme, d'autant qu'après avoir lu Nerciat, la chaude soprano a découvert Sade et perfectionné ses expériences. Tout y est, dans un crescendo déchaîné prenant pour cadre les plus grandes capitales d'Europe. C'est cette seconde partie que nous vous proposons dans cette anthologie où devait obligatoirement figurer ce qui reste l'un des chefs-d'œuvre de la littérature érotique.

 

Les publications de Wilhelmine Schroeder-Devrient

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